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Avant le référendum sur la nouvelle Constitution, l’appel d’Anaki Kobenan aux Ivoiriens

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« MARDI 11 OCTOBRE 2016 : UN JOUR DANS LA VIE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE DE COTE D’IVOIRE »
Au cours d’un échange avec des étudiants, une jeune dame, député à l’Assemblée Nationale, interrogée sur l’adoption  en plénière, le mardi 11 octobre 2016, de l’avant projet de constitution présenté par le Chef de l’Etat et le Gouvernement, a très peu parlé, mais a donné de petites informations qui mènent à réfléchir.
  • Les députés ont au total proposé trente amendements au texte de l’exécutif, mais seulement cinq ont été pris en compte, et encore, ils ne portent que sur la forme, et pas sur le fond !
  • Elle a trouvé l’ambiance générale peu transparente, sinon même frelatée et délétère, et s’est demandée quelles pressions ont pu subir les Honorables Députés pour avoir montré si peu d’ardeur à défendre leurs amendements, et surtout pour, au final, avoir baissé pavillon en s’engouffrant tous dans un vote moutonnier. L’honorable Député a terminé par cet adage, de grande portée générale certes, mais qui prend un cachet tout singulier dans le contexte ivoirien présent, à savoir que la souveraineté du peuple ne s’achète pas parce qu’elle ne se vend pas.
C’est par une juste pudeur citoyenne que la jeune député n’a pas voulu décrire  le ballet qui a eu lieu à l’Assemblée Nationale, ballet qui est un opéra connu de la totalité des responsables politiques, des médias et de la société civile de notre pays.
A savoir qu’au moment où, pendant plus de dix heures, les Commissaires du gouvernement se soumettaient aux questions ou observations des présidents de groupe parlementaire, entourés de leurs lieutenants ou sofas, d’intenses déplacements et des échanges aussi inhabituels qu’étranges se faisaient, soit dans l’hémicycle, tout à fait au fond de la salle, soit dans les longs couloirs menant vers les nombreux bureaux du parlement.
Le député étant avant tout un homo sapiens dont les membres et organes ont en permanence besoin d’être irrigués par du sang, le principal suc producteur de ce sang bienfaiteur étant le franc CFA, les enveloppes kakis circulaient, à dimension et poids variable, selon l’audience du député et sa potentielle capacité de résistance ou de nuisance.
Et c’est peu de dire que la force  d’impact  de ces  enveloppes kaki a dû  porter,  autant sinon plus en persuasion, sur les Honorables députés du peuple ivoirien, que la compétence en droit constitutionnel et le  brio  en rhétorique des trois commissaires du gouvernement, personnalités dont personne ne saurait du reste contester les qualités.
Ce qu’il y a lieu de retenir des quelques mots feutrés de cette parlementaire, c’est que le démon tueur de notre démocratie, de notre développement,  de notre épanouissement et de nos libertés et dignités, est plus terrible et plus efficace que jamais, tenant notre société au plus serré, depuis le sommet jusqu’à la racine.
Ce démon s’appelle avidité, cupidité, volonté de paraître, course à la vie facile, fuite systématique devant la difficulté ou l’effort, démission totale devant la lutte pour l’intérêt collectif, l’intérêt personnel seul étant pris en compte.
La devise nationale en Côte d’Ivoire pourrait désormais se lire :
« A quoi cela sert de vouloir être correct ou de jouer le jeu civique et patriotique puisque, à la fin, ce sera ‟gâté” et que ce sont les autres seuls qui vont ‟manger” ? Je  vais faire comme tout le monde, donc je vais ‟manger” moi aussi ! »
Dans tout pays où, à un moment donné, ‟manger”, rien que ‟manger”, sans considération pour la morale ou l’intérêt collectif devient l’hymne national, c’est celui ou le groupe qui arrivera à contrôler, à faire main basse sur les richesses du pays et  le circuit de leur distribution qui aura tous les pouvoirs et pourra les garder aussi longtemps qu’il le voudra.
En fait, Ivoiriens et Ivoiriennes, nous n’innovons en rien avec ces réflexions pleines de tristesse, qui sont encore mieux cadrées et développées dans un livre, paru en 2006, il ya dix ans, œuvre du journaliste, écrivain et essayiste Tiburce Koffi, livre au titre évocateur et prémonitoire : «  Côte d’Ivoire, l’agonie du jardin » ; belle œuvre, hélas injustement méconnu du grand public.
 A l’intérieur de cet ouvrage, une lettre ouverte au président ivoirien d’alors, parue en mai 1999, et reproduite aux pages 166 à 176, vaut message à la conscience des Ivoiriens ; cet appel est encore plus brulant et intense aujourd’hui qu’il y a 17 ans.
Mais puisque découragement n’est pas Ivoirien, armons nous d’espoir et de rêve, et tenons bon !
 
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !
 
                                                                                                Le Président du MFA
Innocent Kobena Anaky
Samedi 15 Octobre 2016


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